septembre 21, 2021

Comprendre ce que représente l’Europe

L’enquête que nous avons réalisée sur la connaissance et l’importance d’un organe politique tel que l’Union européenne avait pour but d’approfondir un thème proche de la sensibilité de nous, les jeunes.

Nous avons réalisé, notamment en analysant les résultats d’un questionnaire anonyme proposé à tous les jeunes dont la tranche d’âge est comprise entre 16 et 22 ans, que parler de l’Union européenne, de dates, de traités et de notions générales était une démarche risquée. Soit parce qu’ils n’étaient pas très stimulés dans leur connaissance de ces sujets, soit parce qu’ils étaient complètement indifférents à des questions qui peuvent sembler à des années-lumière, le nombre de ceux qui ont décidé de répondre aux questions a été très faible : même s’il a été proposé par le biais d’un format de communication largement utilisé par les jeunes, dont les groupes comptent plus de 100 participants, juste pour avoir plus de retour, seules 36 personnes ont contribué au questionnaire, ce qui nous donne matière à réflexion. Et c’est peut-être la donnée la plus significative de l’enquête. De plus, la plupart des réponses étaient également réparties entre la bonne et la mauvaise alternative, un symptôme d’une connaissance insuffisante du sujet. Pour donner un exemple, à la question “Qu’est-ce que l’Union européenne ?”, le pourcentage de personnes ayant répondu correctement (“un organe politique et économique de nature supranationale et intergouvernementale”), soit 47,2%, est équivalent au pourcentage de personnes qui sont tombées dans le piège de la question qui fait office de “distracteur” (“une organisation de plusieurs Nations Unies”).

Ce qui en ressort et c’est pas aussi simple que louer une auto, même s’il est étayé par quelques éléments, nous amène à conclure que les nouvelles générations ont besoin d’un “cours intensif de rattrapage” sur l’Union européenne afin de viser une plus grande et meilleure connaissance d’un système institutionnel, législatif et économique dans lequel elles sont nécessairement insérées. Ce à quoi nous pensons n’est pas un sujet à ajouter aux autres, mais un processus radical de réappropriation du sentiment d’appartenance et de construction d’une conscience communautaire supranationale. Sensibiliser les jeunes dans ce sens est devenu l’un des objectifs de notre école et le professeur Luigi Napolitano, promoteur de plusieurs initiatives, cours, conférences sur les thèmes de la citoyenneté, nous offre quelques lueurs positives, en affirmant que “lorsque les jeunes commencent à étudier l’UE, en découvrant qu’ils sont des citoyens européens, mais aussi italiens, ils sont d’abord étonnés, puis ils deviennent curieux et enfin, lorsqu’ils sont plus conscients, ils deviennent si passionnés et impliqués qu’ils ne cessent de penser en termes d’Europe, chaque fois qu’un problème de caractère apparemment local se pose”.

La nécessité pour les jeunes d’acquérir cette conscience est plus pertinente que jamais. Le projet d’Union européenne, à ses débuts, a été la réponse de quelques États européens (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas) à un besoin de paix, au nom de l’internationalisme et de la coopération, après une guerre atroce qui avait dévasté le monde entier, détruisant non seulement les économies, mais surtout les valeurs de civilisation politique et de coexistence civile. Partant de traités de nature économique, le parcours s’est progressivement enrichi de contributions à la reconnaissance de droits et d’arrangements institutionnels, politiques et monétaires.

Cette voie et ces objectifs ne sont plus partagés par l’un des États centraux de l’Europe et du monde. À partir du 31 janvier 2020, la Grande-Bretagne ne fera plus partie de l’UE. Il est difficile pour le moment de prévoir les conséquences, mais il est certain que le référendum a divisé le pays et qu’en termes de ressources humaines et intellectuelles, le Royaume-Uni subira certainement une perte. Du point de vue de la dimension libre-échangiste, commente le professeur Napolitano, “le chauvinisme anglais n’est pas un bon signe pour l’avenir d’une nation plurielle, qui aurait plutôt besoin de trouver des territoires communs sur lesquels jouer les nouveaux défis de la mondialisation”.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code